Chine, terre promise pour le marché du luxe !

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

Selon le cabinet de conseil Boston Consulting Group, la Chine sera en 2012, le premier marché du luxe au monde. La superpuissance de l’Empire du Milieu attise les envies, interpelle aussi. Une conférence organisée par l’Association des Professionnels du Luxe en décembre dernier, a mis en perspective les mutations attendues d’une population « stratégique ».

La Chine fut la première puissance mondiale jusqu’en 1820. Tout indique qu’elle va le redevenir à très court terme. La croissance annuelle de son PIB (8%) dépasse en effet nettement celui de la l’économie mondiale. Le cas chinois, cependant, partage. Sa croissance sera-t-elle pérenne ? Si oui, à quel rythme ? Même si tout va très vite, la Chine se révèle être immense, très hétérogène, d’une grande complexité, autant d’éléments à ne pas occulter. Françoise Lemoine, économiste au CEPII, s’est appuyée sur trois études (Goldman Sachs, Standard Chartered BK, CEPII) pour affirmer que « l’économie chinoise pourrait d’ici vingt ans dépasser celle des Etats-Uibs pour peu qu’elle continue sur sa lancée ». Deux facteurs étroitement liés lui donnent raison, l’urbanisation en marche avec la prévision de 300 millions de nouveaux urbains entre 2010 et 2030 et l’augmentation inéluctable du pouvoir d’achat. « Le revenu moyen peut quadrupler d’ici 2025 », souligne t-elle. Quant aux catégories sociales à hauts revenus – « celles qui se développent actuellement le plus vite, elles créeront une demande croissante de produits importés haut de gamme », Jean-Marc Bellaïche , Partner en charge du luxe chez BCG, confirme : « En 2020, 330 villes chinoises auront un niveau de vie supérieur à celui de Shanghai ». Il poursuit, « la croissance du marché du luxe va être faite par de nouveaux consommateurs. 1/3 en achète déjà ». Car ce marché – estimé à 40 milliards d’euros en 2010 – est en pleine évolution. Cette année, les ventes de sacs,  de bijoux, de montres ont augmenté de 23% mais la progression des produits de luxe classique est deux fois moins importante que celle du luxe immatériel, dit d’expérience et qui désigne les voyages, les grands restaurants, les spas, la haute technologie dont les Chinois sont encore plus friands que les Japonais. Un signe qui ne trompe pas selon Jean-Marc Bellaïche : « La Chine est clairement un pays en cours de maturité ».

« Luxophile »

Le luxe, est apparu à la fin des années 90, est une notion récente et pourtant capitale dans la culture chinois. Pour mieux l’appréhender, Rémy Oudghiri, directeur du secteur Luxe chez Ipsos, avance que les Chinois d’aujourd’hui sont les Japonais d’hier… Ceux des années 80-90 lorsque l’archipel nippon est devenu le premier marché du luxe au monde. D’étonnantes similarités les rapprochent : un optimisme sans faille, une totale confiance en eux-mêmes, la certitude pour 81% des Chinois qu’en « travaillant dur , on finit toujours par réussir ». Dans une société régie par le groupe et le regard d’autrui, le luxe, comme récompense suprême, concentre toutes les valeurs : la réussite sociale, le pouvoir, le prestige. « Il est perçu comme une necessité, ajoute l’expert, il valorise l’individu ». C’est donc sans surprise que les Chinois se révèlent être les plus « luxophiles » de la planète, d’autant que les consommateurs majoritairement jeunes (25-40 ans) sont à la fois avertis et avides de nouveautés. La Chine détient même le record des « jeunes millionnaires – 80% ont moins de 45 ans. Le consommateur chinois est aujourd’hui masculin à 70%, ce qui explique en particulier la serreprésentation des montres dans l’offre. Il voyage aussi de plus en plus et un Chinois sur deux fait désormais ses achats « luxe » en dehors de la Chine continentale. Mais alors que Jean-Marc Bellaïche prévoit « un triplement des biens du luxe », le shopping plaisir fait de plus en plus figure de sport national…65% déclarent en effet adorer faire du shopping. Sans oublier les femmes, tout aussi attachées aux marques, aux logos, aux griffes de luxe occidentales et à la qualité. Autant de critères pour le moment incontournables pour investir en Chine. Car perçu encore très récemment comme un « consommateur peu éduqué », le Chinois accélère pour autant son apprentissage. Il veut tout savoir des marques, dont il aime « évaluer » la notoriété lorsqu’il voyage à l’étranger, surfe 2 heures en moyenne sur la toile où il a déjà commencé d’acheter – les ventes en lignes ont progressé de 117% en 2009, « l’Elite va se sophistiquer sûrement plus vite qu’au Japon, ajoute Rémy Oudghiri, car la mondialisation accélère son éducation sur le luxe ».

Les défis qui attendent les entreprises

Jean Marc Bellaïche : « La maturation sera accélérée. Il faut donc se positionner rapidement. Le rythme d’ouverture de boutique est difficile à trouver. Il est nécessaire de se rendre régulièrement en Chine, de se faire conseiller sur place. Pour toucher 80% de la classe moyenne, il faudra être présentes dans beaucoup de villes. Même s’il est difficile de faire du marketing, le consommateur chinois aime les marques et a envie de les connaître. Investir sur le marché chinois ne doit pas occulter les autres marchés dits matures, tels les Etats-Unis et l’Allemagne ».

Rémy Oudghiri : « Les entreprises devront adapter leur offre à la diversité des consommateurs. Mais aussi résister à l’argent facile et ne pas faire de compromis sur la qualité. Les Chinois sont des amoureux de produits bien faits et toute baisse de prix dévalue à leurs yeux l’image d’une marque. Il faudra faire attention à la contrefaçon ancrée dans la culture chinoise. Contrôler sa distribution est le nerf de la guerre pour éviter toute atteinte à l’image ».

Texte de Nadine Guérin

Publication : Sacastar.com : la maroquinerie en ligne

Retrouvez toute l’actualité de la mode des sacs en nous suivant sur Twitter et Facebook, ainsi que sur notre blog de sac.

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »